Mais ce soir, vous n'êtes pas là... 

Des jolis moments en photos

                                                                                                                                            En cette veille de Pessah…  
 
Pour la première fois de ma vie, tout est fini 2 h avant l’entrée de la fête.  
Les enfants jouent tranquillement aux cartes, Elyahou (mon mari) lui, fini de préparer ses fameux cookies au beurre de cacahuète/chocolat noir. 
Je soulève le couvercle des casseroles, l’agneau confit aux fruits secs  mijote bruyamment sur le feu, les grains de riz perse se serrent les uns aux autres dans leur bol. 
J’observe leur jolie couleur jaune-or en me disant qu’ils ne respectent pas la distance de sécurité. Je crois que je deviens folle…  
Je pique en cachette un cookie tout chaud qui vient de sortir du four, mais Elyahou remarque rapidement le trou vide sur la plaque de cuisson et me dit en riant que je suis décidément intenable.  
Je me lèche les doigts tout en balayant le salon ordonné et impeccable du regard.

Je ressens l’atmosphère particulière de Pessah et une lourde mélancolie s’empare de mon cœur.  
Parce que cette année sera différente des autres années. 
Ce Pessah, ce sera chacun chez soi, en famille restreinte. Alors que papa et maman sont à seulement quelques mètres de chez moi, dans l’immeuble juste en face…
 
Si ce Seder n’avait pas été tristement différent des autres Seder, toute la famille aurait débarquée des 4 coins d’Israël et de la France pour se réunir chez papa et maman.

On se serait tous extasiés devant l’imposante table basse, majestueusement plantée au milieu du salon et des nombreux canapés disposés tout autour.

On aurait rouspété après Eli qui aurait tardé de rentrer de la synagogue, parce que nos ventres auraient commencé à gargouiller.
On se serait faufilé en douce les uns après les autres dans la cuisine pour picorer dans les plats tous chauds.
 Les moins religieux se seraient fait des clins d’œil en se conseillant les plats les plus appétissants, tandis que les plus sérieux se seraient énervés en disant que ce n’est vraiment pas sérieux.  
Puis on se serait tous affalé les uns sur les autres en essayant d’attraper le plus rapidement possible un maximum de coussins.

On aurait entonné les chants, fredonnés tous les uns plus mal que les autres. Essayant chacun de prendre le dessus avec son air favoris. 
Les mélodies se seraient entremêlées, les paroles mélangées. On en aurait pouffé.

On aurait déclaré que les sages de l’histoire sont représentés par Eli et Meir, et les mécréants par… Tout le reste de la famille. On les aurait taquinés en les remerciant de sauver l’bonheur de la famille. Eli aurait rétorqué que c’est faux, que tous les enfants de Dieux ont de la valeur. On lui aurait répondu que nous, c’était pas sur qu’il nous ait à la bonne…

On aurait fatalement manqué de bouteilles de vin ; et on aurait à tous les coups rouspété après maman qui n’achète toujours que le minimum syndical.

On aurait comme chaque année décrété ouvert le concours du plus gros sandwich, en préparant un joyeux mélange de saveurs sucrées-salées à base de confiture de dattes, sauce piquante, œuf, salade verte et mayonnaise à l’ail de maman.

Meir aurait inévitablement de nouveau gagné le premier prix, en foutant des miettes de matsottes partout sur le canapé et le tapis. On l’aurait regardé engloutir son énorme sandwich en le traitant de goinfre.  
Mais on en aurait tout de même certainement préparé un second. En oubliant que le repas serait servi juste après…  
On aurait eu le ventre plein, mais on aurait quand de même dégusté les bons plats de maman.

Papa se serait doucement, mais sûrement enfoncé de plus en plus profondément dans le canapé, jusqu’à ce qu’on ne voit plus dépasser de lui que le haut de son crâne blanc.

Certains d’entre nous auraient triché dès la 3em coupe de vin en ne se servant qu’à moitié ou en prétendant l’avoir déjà bue.  
À la 4eme coupe j’aurais probablement demandé à l’un des garçons de la boire et de me rendre quitte, tout en sachant que c’est impossible.

Vers la fin, les somnolents se seraient soudains brusquement réveillés lors des derniers chants que l’on aurait chantés à tue-tête en inventant de nouvelles mélodies imaginaires.
Un piaillement général et désordonné qui aurait amusé les enfants.
Meir m’aurait inevitablement dit:  »Sarah, fait ta vraie voix s’il te plait!  ». Je lui aurait tiré la langue comme une enfant.

Elyahou se serait peut être dit tendrement qu’il est vraiment tombé sur une belle famille complètement déjantée; mais qu’au fond, ça lui plait bien…

Meir nous aurait demandé qui veut aller accueillir Elyahou Hanavi avec lui, et, affalés les uns sur les autres pour certains, piquant du nez pour les autres et modérément alcoolisés pour les derniers, nous lui aurons répondit qu’il l’accueille pour nous et le mette en garde de notre part que l’alcool est dangereux pour la santé, qu’il consomme donc cette dernière coupe de vin avec modération. Ou d’autres ânerie du genre…

 
Puis on se serait tous regardés, la larme à l’œil, en se disant qu’on est vraiment une merveilleuse famille. Que l’on a de la chance de tellement s’aimer et se respecter, et que tout de même, on devrait se réunir plus souvent.  
Mais rien n’aurait changé.


 
Mais ce soir, vous n’êtes pas là.
Je suis seule avec Elyahou et les enfants.

J’ai préparé le Seder sur la table basse du salon, j’ai voulu que l’on soit tous adossé à des coussins sur le grand tapis, pour une ambiance chaleureuse et conviviale.

       

Svous aviez été là…

Maman, tu aurais dégusté les petits plats d’Elyahou en t’exclamant de plaisir, lui conseillant de nouveau de lâcher l’informatique pour devenir chef cuisinier de son propre restaurant.

Lui, aurait souri pudiquement.

Eli, tu aurais trouvé toutes les occasions possibles et inimaginables pour tirer les enfants de table et danser avec eux en louant les mérites de Dieu et de Rabbi Nahman.
Tu aurais probablement fini en transe sur la chanson  » l’année prochaine à Jérusalem reconstruite ». Et on t’aurait tous rejoint pour une grande ronde hilarante.

Nathan, tu aurais certainement philosophé sur certains passages de la Haggadah, et Léa tu aurais inévitablement remis en doute la sortie d’Egypte et le don de la torah.
  
Meir, tu m’aurais expliqué pour la millième fois comment tel Rabbi arrive à la conclusion qu’il y a eu 250 plaies en Egypte au lieu de 10. Et j’aurais fini par hocher la tête, pas totalement convaincue d’avoir tout bien compris.  
Ta fille se serait éclatée à cacher et trouver encore et encore le morceau d’Afficoman avec Noam et Eliana. Nous les aurons observés tendrement en se disant qu’ils sont si adorables tous les 3 ensembles, et que c’est dommage qu’ils ne se voient pas plus souvent.
Tu m’aurais dit que j’avais qu’à ne pas déménager à Hedera, je t’aurais répondu que tu avais qu’à ne pas rester à Jérusalem. Et on se serait titillé en se renvoyant ainsi la balle, l’un, l’autre.

Tsylée, tu m’aurais regardé caresser les cheveux de Noam et Eliana allongée sur mes jambes et tu aurais déclaré mi-agacée mi-amusée, que nous sommes énervants à être si une famille si parfaite,
et que tu rêves d’être une maman comme moi plus tard.
  
J’aurai souri en te répondant que tes compliments sont magiques, et que tu devrais venir plus souvent à la maison pour booster ma confiance en moi.
Tu m’aurais rétorqué que je n’ai qu’à t’appeler plus souvent pour entendre plus de compliments. Et tu aurais raison.

J’aurai quant à moi fermé les yeux un instant, me disant que la vie est bien généreuse avec moi et qu’elle me gâte de tant d’amour et d’une famille pleine de valeurs, de joie de vivre et de générosité.
  
Mais ce soir, vous n’êtes pas là.  
Il est 23 h 30 et le Seder de Pessah vient de se terminer.  
Eliana vient de me rejoindre dans mon lit en poussant de petits cris de joie à l’idée de s’endormir avec moi, et au loin me parvint la voix grave d’Elyahou, lisant l’histoire de la sortie d’Egypte à Noam allongé sur le canapé, qui se laisse gagner peu à peu par le sommeil.  
Et, en bordant Eliana, je me dis que nous avons passé un magnifique Seder.  
Et que j’ai de la chance.
Une chance incroyable d’avoir à mes côtés depuis 11 ans l’homme le plus merveilleux du monde et deux enfants extraordinaires.

Ce soir, papa et maman, Meir, Nathan, Tsylée, Eli et Léa vous n’étiez pas là.
Mais je me suis sentie avec chacun d’entre vous, et j’ai ressenti une part de chacun chez moi.
J’ai lu la Haguada, et chanté les chants de Pessah avec vous.

Joyeuse fête de Pessah ma famille chérie…

 

  • 10 avril 2020

    on dit quil existe tellment de louange a faire a dieu et nul d’elle, meme tous ensemble peuvent inclure en elles sa grandeur donc on dit que le silence est la plus grande des louange quon puissent lui faire.
    donc jvai pas te souler en te disant que tu devrait ecrire des livre parcqueon te le dit toujours a chaque chronicle tellment elle son super mais plutot jvais me taire car seul le silence est peut inclure en lui leurs « superité » .